Des chercheurs ont Ă©tabli un scĂ©nario probable d’Ă©volution de la Covid-19 : au fur et Ă  mesure des rĂ©infections, le système immunitaire s’adapte et provoque des formes de moins en moins graves, comme c’est le cas pour le rhume.

« Le virus est avec nous pour toujours », a prĂ©venu l’OMS en novembre dernier, laissant peu d’espoir sur un retour Ă  la normale dans un avenir proche. Alors que le nombre de morts du coronavirus a dĂ©passĂ© les deux millions et que l’on frĂ´le les 100 millions de cas, une nouvelle Ă©tude parue dans le journal Science suggère elle aussi que l’Ă©pidĂ©mie de Covid pourrait ne jamais se terminer. Mais une fois que suffisamment d’adultes auront Ă©tĂ© immunisĂ©s (par le vaccin ou la maladie), elle deviendra une maladie aussi bĂ©nigne qu’un simple rhume, qui circulera Ă  des niveaux relativement bas.

« Le temps qu’il faudra pour atteindre ce stade dĂ©pend de la vitesse Ă  laquelle on aura atteint cette immunitĂ© de groupe. Plus vite une majoritĂ© de gens aura Ă©tĂ© infectĂ©e ou vaccinĂ©e, plus vite nous atteindrons ce stade endĂ©mique », explique Jennie Lavine, post-doctorante Ă  l’universitĂ© d’Emory Ă  Atlanta et principale auteure de l’Ă©tude.

Des réinfections fréquentes


Les chercheurs ont comparĂ© le SARS-CoV-2 avec les six autres coronavirus affectant l’Homme (les quatre virus du rhume, le SARS et le MERS). Selon eux, le nouveau coronavirus se comporte comme ceux Ă  l’origine du rhume. Ce dernier infecte gĂ©nĂ©ralement les enfants Ă  l’âge de 3 Ă  5 ans pour la première fois, âge auquel la maladie est moins sĂ©vère que chez l’adulte.

Ensuite, les infections se rĂ©pètent rĂ©gulièrement jusqu’Ă  ce que le système immunitaire soit suffisamment fort pour que l’infection ne provoque que des symptĂ´mes bĂ©nins. En d’autres termes, le virus continue Ă  circuler, mais il n’entraĂ®ne plus de morts. C’est un peu la mĂŞme chose avec le vaccin : mĂŞme si celui-ci n’Ă©vite pas la transmission, il permet de limiter le nombre de cas graves.
“
Nous parvenons à contenir les épidémies comme la grippe parce que nous avons mis en place une stratégie de vaccination. Cette vision est partagée par beaucoup de scientifiques.

« Nos systèmes de santĂ© vont devoir s’adapter pour tenir sur le long terme, car la Covid va ĂŞtre une maladie supplĂ©mentaire Ă  prendre en charge. Les effets du coronavirus vont se ressentir pour les dĂ©cennies Ă  venir, atteste dans La Croix Romulus Breban, chercheur Ă  l’unitĂ© d’Ă©pidĂ©miologie des maladies Ă©mergentes Ă  l’Institut Pasteur, qui fait une analogie avec la grippe. Nous vivons avec cette maladie saisonnière et elle n’est plus traitĂ©e comme une maladie d’importance primordiale, mĂŞme si elle fait toujours beaucoup de morts. Nous parvenons Ă  contenir les Ă©pidĂ©mies parce que nous avons mis en place une stratĂ©gie de vaccination et qu’il y a des structures de surveillance Ă  l’Ă©chelle internationale. »

Le vaccin, moins efficace qu’une infection naturelle

Il existe toutefois des exceptions Ă  ce scĂ©nario relativement optimiste. Le MERS, par exemple, ne suit pas ce modèle car il entraĂ®ne une forte lĂ©talitĂ© chez les enfants. Dans ce cas, une vaccination prĂ©coce serait indispensable comme pour la rougeole. Qu’adviendrait-il Ă©galement si le virus mutait ? Cela ne changerait pas grand-chose, selon Jennie Lavine et ses collègues. « Des rĂ©infections frĂ©quentes [avec diffĂ©rentes souches] renforcent l’immunitĂ© contre d’autres coronavirus », Ă©crivent-ils. Cela pourrait nĂ©anmoins ĂŞtre moins vrai avec l’immunitĂ© procurĂ©e par le vaccin, dans la mesure oĂą ce dernier comporte un nombre rĂ©duit d’Ă©pitopes.

En attendant cette phase endĂ©mique du virus, qui pourrait prendre « plusieurs dĂ©cennies » Ă  arriver, la Covid-19 a malheureusement encore le temps de faire bien des dĂ©gâts. Le vaccin est notre seul espoir de parvenir en l’enrayer plus rapidement.

Avec Futura Tech


0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *